Les 24 premières heures
Votre site sert des pages que vous n’avez pas écrites, renvoie ailleurs, ou votre hébergeur vient de le suspendre. Ce qui suit est l’ordre dans lequel les gestes se font, celui qui préserve ce dont vous aurez besoin ensuite. Sept gestes, et le seul qui soit irréversible est le premier — parce qu’il consiste justement à ne rien détruire.
L’ordre des gestes
Cet ordre a une raison : chaque geste protège le suivant. Reprendre les accès avant d’avoir copié, c’est perdre la trace ; nettoyer avant d’avoir daté, c’est perdre la preuve.
Gardez une copie avant de toucher quoi que ce soit
C’est le geste qui conditionne tous les autres, et celui qu’on saute le plus souvent. Copiez les fichiers ET la base dans leur état actuel, sur un support à part. Cet état, aussi abîmé soit-il, est la seule chose qui permettra plus tard de dater ce qui est arrivé, de répondre à un hébergeur, à un assureur ou à un client. Une fois nettoyé, il a disparu pour toujours.
Décidez en connaissance de cause si le site reste ouvert
Fermer le site protège vos visiteurs et arrête la casse ; cela coûte votre visibilité et vos ventes du jour. La règle simple : si des pages étrangères sont servies à vos visiteurs, ou si un formulaire collecte des paiements, fermez. Sinon, une page d’attente honnête vaut mieux qu’un site coupé net. Dans tous les cas, la copie du point 01 se prend AVANT.
Reprenez les accès dans le bon ordre
L’hébergement d’abord, parce qu’il commande tout le reste : mot de passe du panneau, puis FTP et SSH, puis la base, puis les comptes de votre gestionnaire de contenu. Changer le mot de passe de l’administration en premier est le réflexe naturel, et c’est le moins utile : qui tient votre FTP le remettra en place dans la minute. Profitez-en pour retirer les comptes que vous ne reconnaissez plus.
Datez l’événement avec les journaux
Les journaux d’accès de votre hébergeur portent la date. Cherchez les requêtes vers des fichiers que vous ne reconnaissez pas, et les envois de fichiers depuis une adresse inhabituelle. La date compte pour deux raisons : elle dit quelle sauvegarde est encore saine, et elle borne ce qu’il faut examiner.
Établissez la liste exacte de ce qui a changé
C’est le point où l’œil humain atteint sa limite. Un site vivant contient des dizaines de milliers de fichiers, et celui qui a été ajouté ressemble aux autres. La question qui se répond, elle, est renversée : combien de fichiers savent justifier leur présence, et lesquels en sont incapables ? C’est ce que fait notre analyse — elle compare votre site au code authentique publié par les éditeurs, nomme chaque écart, et rend le tout signé.
Prévenez qui doit l’être
Votre hébergeur, s’il a suspendu le site ou s’il vous a signalé quelque chose : un constat daté et signé raccourcit beaucoup l’échange. Et si des données personnelles ont pu être atteintes, le règlement européen vous donne 72 heures pour le notifier à votre autorité de protection des données — en France, la CNIL. Ce délai court à partir du moment où vous en avez connaissance.
Rétablissez, puis attestez l’état obtenu
Remettre les fichiers des éditeurs à leur version authentique règle la plus grande partie du travail. Reste ce qui vous appartient en propre — vos thèmes, vos réglages, vos ajouts —, qui se relit à la main. Une fois l’état obtenu, faites-en une attestation : c’est elle qui vous dira, le mois prochain, si le site est toujours celui que vous avez rétabli.
Le point 05, fait pour vous, avec de quoi le montrer
L’analyse répond à la question du point 05 en la retournant : au lieu de chercher ce qui est connu comme mauvais, elle demande à chaque fichier de justifier sa présence. Un fichier qui correspond au code authentique publié par son éditeur est justifié. Les autres sont nommés, un par un, avec leur date et leur emplacement.
Vous recevez le nombre exact, la liste des fichiers, la date probable d’entrée, et trois documents signés : le constat, l’attestation de l’état obtenu, et la pièce que vous pouvez remettre à votre hébergeur ou à votre client. Chacun se vérifie chez nous, gratuitement et pour toujours, par n’importe qui — c’est ce qui les rend opposables.
Une réserve, écrite ici comme elle l’est sur chaque document : un site entièrement justifié est un site dont chaque fichier a rendu des comptes, ce qui est déjà beaucoup — et ce n’est pas la même chose qu’un site sûr. Une faille de mot de passe ou une extension à jour mais vulnérable reste hors de portée d’une comparaison de fichiers.
Le mois suivant, et ceux d’après
Un site remis en état une fois se reprend souvent une deuxième, par la même porte, parce que la porte est restée ouverte. Ce qui change vraiment la suite tient en deux choses : savoir le jour même qu’un fichier exécutable a bougé, et savoir qu’une extension installée chez vous a été retirée du dépôt officiel ou qu’une faille a été publiée depuis. La veille fait les deux, y compris les jours où votre site, lui, n’a pas bougé.
Elle se dit avec précision : lorsque l’attestation se rompt, elle annonce que ce site diffère de celui qui a été attesté. Votre propre mise en ligne la rompt de la même façon — c’est pourquoi on ré-atteste après chaque déploiement, et pourquoi une rupture sans déploiement se regarde de près.
Combien de fichiers de votre site savent justifier leur présence ?
Vous aurez le nombre exact, chaque fichier nommé, la date probable, et trois documents signés que quelqu’un d’autre peut vérifier.